La Sirène Pirate

Publié le par Emöjk Martínssøn

Cette fille a des sourires qui s’ouvrent et se ferment comme des écluses. Dans ses cheveux sûrement on peut humer le sel laissé en fon de mer par une barque coulée ; il y en a quelques traces de planches vermoulues au fond de ses yeux.
Les mains flottent incertaines le long d’une façade d’immeuble, s’échouant, déchirant leurs voiles avant que la marée ne les emporte loin, à nouveau.
Sûr, à l’abri des regards, dans la cale brillent faiblement mille coffres remplis de doublons espagnols, des pirates dont elle s’est faite sirène, et sous-vêtements à tête de mort.

Publié dans Entre Les Arbres

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