L'Arache-Peau

Publié le par Emöjk Martínssøn

Sur le coin du trottoir traîne un vieil arrache-peau, des lambeaux encore sur le bout de son aiguille ; plus pour longtemps, ramassé par un inconnu aux yeux cheveux.
Sur le coin de la table l’arrache-peau tourne en silence, sa vieille langue ne mange que de la poussière parasite. Un petit garçon passe et coince son doigt, aussitôt le sang perle sur ses empreintes digitales, et l’arrache-peau se lèche les babines, trop loin. La musique reste dans la peau.
D’une autre table, on presse les doigts sur les sillons de l’arrache-peau. Une musique grinçante, qui parle aux tréfonds. Ça gratte les os, l’arrache-peau frétille du diamant, les vieux disques à la poubelle. Une musique qui parle en silence, en se caressant le bout des doigts, des mélodies secrètes.
Du fond on fredonne.

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